Il m'a été demandé quels liens je pouvais faire

entre les arts martiaux et la spiritualité

ou encore entre le Karaté et le Reiki.

J'espère que vous trouverez ici

quelques éléments de réponse.

Dou doum, dou doum, dou doum...

6500 tours par heure, 108 bon.

Un vieux était assis à côté du poêle et regardait

la prise en pince des feuilles. La Nébiolo prenait son rythme

de croisière pour la journée. Lui, les mains posées sur ses cuisses,

affichait un sourire émerveillé. Il était arrivé le matin de bonne heure

pendant que je recevais la livraison du papier.

Il m'a dit un truc du genre : « je travaillais dans une imprimerie.

J'aimerais juste écouter la machine,

vous regarder et sentir l'encre encore une fois.

Je me mettrais dans un coin et je vous dérangerais pas. »

Ce genre de demandes m'arrivait souvent. J'étais imprimeur et je comprenais.

De quoi est faite cette expérience tellement subjective

que l'on peut trouver chez un artisan d'art.

Tout d'abord, il y a la confrontation avec l'art.

Ici, faire n'est pas seulement un moyen pour arriver à une fin mais

donne plaisir, satisfaction, vie. Ici, faire et être se rejoigne

dans l'attention portée au geste, à sa précision, à son efficacité,

à son esthétique. Ici, faire c'est d'abord être complètement présent :

l'attention ne se conjugue ni au passé, ni au futur mais seulement dans l'ici

et maintenant. Ici, dans le faire,

le temps semble se suspendre dans des mouvements répétitifs.

Ils ne sont pourtant jamais tout à fait les mêmes et

l'acte de création reste toujours unique... L'atelier de l'artisan

est un lieu de connaissance où l'art est tout à la fois,le lieu consacré,

un rapport au temps, le produit, les gestes, une manière de penser,

les hommes qui partagent cela et une énergie commune.

Ce tout constitue une égrégore parfaite,

un lieu-espace-temps de force que Karlfried Graf Dürkeim qualifierait

de « numineux ».

Le numineux c'est cette qualité de vécu où nous est révélé

l'effleurement d'une autre dimension,

d'une réalité qui transcende l'horizon de la conscience ordinaire...

toujours s'en dégage une force ressentie comme surnaturelle.»

Dois-je dire que j'aimais mon métier ?

Et pour ne pas me perdre dans cette fuite en avant du

« toujours plus de productivité », j'ai vendu l'imprimerie.

Trois ans après, dans ma nouvelle profession,

j'étais en manque et me sentais dépressif.

Je me remettais mal d'un accident de voiture et du chômage,

un de mes poumons ne fonctionnait plus et physiquement

je n'avais plus d'énergie. J'étais un ancien sportif,

je décidais de remonter la pente en faisant du sport.

Je me levais une heure plus tôt tous les matins pour courir dans la colline

mais le manque collait à mes semelles et me plombait. Un matin je me levais

en ayant rêvé d'une cérémonie de remise de ceinture noire. J'avais 13 ans

et l'homme qui m'hébergeait m'avait invité dans un petit

dojo de la banlieue londonienne. J'avais été très impressionné

et touché par ce qui se passait là,

dans ce lieu et entre ces gens. Cette force était là.

C'était ça. Je devais me battre dans un lieu comme ça, pour redevenir

moi-même ou mieux encore, renaître. Le lendemain,

j'entrais dans un dojo.

 

Seiza !

 

Je m'agenouille dans la posture préparant le salut rituel.

Mokutso !

 

Les yeux clos, je me centre sur ma respiration : l'air frais que j'aspire

par mon nez, qui s'humidifie et emplit mes poumons de vie,

l'air que je rejette pour nettoyer mon corps

du CO2 et de toutes les énergies négatives.

Je calme mon cœur par ma respiration lente, basse, profonde.

Je serre ensemble pouces, index et majeurs de mes deux mains posées sur mes cuisses, activant ainsi l'ancre qui me relie aux quinze années d'expériences positives vécues dans une dizaine de dojo. Je trace mentalement

les symboles qui me permettent d'appeler l'énergie en moi.

Je me relie à l'énergie des autres.

 

Mokutso yamé !

 

J'ouvre les yeux et suis prêt à partager.

Le dojo est un espace consacré. Le rituel est important

et fait partie des Arts Martiaux

 

Shomen ni lei !..

Je pose lentement mes mains au sol devant moi,

je m'incline en posant mon front sur le dos de mains,

3 secondes, je me redresse.

J'ai salué les maîtres fondateurs des arts martiaux

pratiqués dans ce dojo, dont Gichin Funakoshi

fondateur du karaté shotokan. Sensei ni lei !

Je salue le professeur. Otagani lei !

Nous nous saluons ensemble.

 

Marc Paya

 

 

Des Arts Martiaux

au Reiki

Patrick Bregier et Marc Paya lors d'un stage Yiseishindo.

Tous deux sont "Maitres" Reiki